3.4. POUR UN CIRCUIT ARCHÉOLOGIQUE BALISÉ À AIX 

(dernière mise à jour de cette page : 7 mai 2020)

Présentation générale 

Bien qu’Aix ait été la première ville romaine de France (fondée en 122 avant notre ère par le proconsul Sextius, d’où son nom antique Aquae Sextiae = les Eaux Sextiennes) et qu’elle ait occupé sous le Haut-Empire romain une surface d’environ 65 hectares, ses vestiges visibles aujourd’hui in situ sont rares et modestes parce que la ville moderne recouvre la ville antique. Il existe bien un monument majeur, le théâtre romain découvert en 2004 au quartier de la Seds (à l’ouest du centre-ville) mais il a été réenfoui quelques mois plus tard (voir la rubrique 3.2).
Et nous n’avons même pas de musée archéologique pour présenter les très belles trouvailles (sculptures, mosaïques…) qui ont eu lieu depuis le 18e siècle et ont été enlevées du lieu de leur découverte pour être mises à l’abri : toutes sont dans des réserves inaccessibles au public (voir la rubrique 3.3).
Nous croyons pourtant intéressant de proposer au public un circuit de visite qui sort des sentiers battus en permettant de jeter un œil sur divers vestiges antiques plus ou moins méconnus.

Ce circuit antique avait été étudié à l’origine de manière déjà très avancée par une étudiante, Mlle Olivia Désir, dans son mémoire de master 2 professionnel intitulé « Valoriser les vestiges archéologiques urbains aixois, une méthodologie de projet ». Et ce travail universitaire avait été justement récompensé par le Premier prix de la ville d’Aix en 2008.
Il s’agissait de distribuer aux visiteurs de la ville des dépliants illustrés avec le plan du circuit (à parcourir librement) et des commentaires sur chaque étape. Aujourd’hui une application pour smartphone pourrait être proposée. Cela suppose quelques aménagements sur le terrain, notamment l’installation d’un peu de signalétique. L’investissement nécessaire était donc très modéré.        

Notre association y a introduit quelques compléments, notamment des vestiges médiévaux également peu connus, et en y ajoutant la demande de création, dans le centre ville, en un lieu très accessible, d’un local d’explications en accès libre, qui devrait contenir notamment :
– un grand plan où seraient positionnées les principales découvertes archéologiques aixoises
– une sélection de photos de ces découvertes.
– une présentation en boucle sur écran d’un documentaire sur Aix antique avec reconstitutions en 3D.

Nous avions entrepris en décembre 2009 de contacter diverses personnalités pour essayer de faire avancer notre projet, sans succès.

Le circuit en détail

Proposition de circuit touristique antique et médiéval à Aix.

1 — Départ de la Rotonde, où il y a un grand parking souterrain et où se trouve l’Office de tourisme (av. Giuseppe Verdi) où les visiteurs prennent les dépliants du circuit.
2 — Sur la place des Augustins, voir la colonne romaine qui orne la fontaine et faisait à l’origine partie d’un très grand mausolée romain qui se trouvait dans l’ancien palais des comtes de Provence (place de Verdun) et fut détruit en même temps que lui peu avant la Révolution.
3 — Continuation par la rue Espariat et la rue de la Masse permettant de voir les vestiges du couvent des Augustins dans des boutiques et dans l’Hôtel des Augustins.
4 — Remontée du cours Mirabeau jusqu’à la fontaine d’eau chaude pour une évocation des origines thermales d’Aix (Aquae Sextiae). Nous excluons le musée Granet (deux salles consacrées à l’archéologie gauloise de l’oppidum d’Entremont) parce qu’il est bien sûr plus pratique d’inclure ces deux salles dans une visite d’ensemble de ce riche musée des beaux-arts.
5 — Entrée dans le passage Agard pour voir les vestiges du couvent des Carmes dans des boutiques, en particulier dans la parfumerie Sephora
6 — Traversée de la place de Verdun et arrêt devant les fenêtres vitrées au sol permettant de voir une partie des caves du palais comtal (fouilles de 2017-2018) et d’une ancienne rue caladée.
7 — Continuation par la rue Peiresc et entrée dans le palais Monclar où l’on peut voir des vestiges de la fin de l’Antiquité conservés dans le jardin en contrebas.
8 — Retour vers la place des Prêcheurs et continuation par la rue Mignet où l’on peut voir des vestiges du cloître des Dominicaines dans des boutiques, en particulier la Maison de l’Espagne.
9 — Arrivée à la place Bellegarde dont la fontaine est ornée d’une autre colonne du mausolée romain du palais comtal.
10 — Détour dans la rue Lisse Bellegarde pour voir deux tours de l’enceinte urbaine médiévale. Après avoir vu la seconde près de l’entrée du collège Campra, court retour en arrière pour s’engager dans le passage piétonnier couvert qui traverse le parking Bellegarde jusqu’au boulevard A. Briand.
11 — Continuation sur le trottoir nord du boulevard Aristide Briand jusqu’à l’allée Rufinus (à droite) où se dresse à 30 m une copie de la stèle funéraire du duumvir (magistrat romain) Lucius Antonius Rufinus, trouvée à cet endroit (l’original est dans les réserves du musée Granet). À vrai dire, cette copie est trop isolée et excentrée ; il faudrait l’installer ailleurs, par exemple dans l’enclos archéologique de Grassi (voir ci-après étape 14). 
12 — Retour sur le bd Aristide Briand, tourner à droite sur ce boulevard puis virage à gauche dans la rue Pierre et Marie Curie et presque aussitôt virage à droite dans la rue des Menudières. Belle vue sur le chevet de la cathédrale. Au bout de cette rue on passe au pied d’un tronçon de rempart médiéval.
13 — Continuation en face par la rue des Guerriers que bordent deux autres tronçons de l’enceinte médiévale. 
14 — Après ce rempart, virage à droite pour atteindre le boulevard Jean Jaurès qu’on doit traverser pour marcher sur son trottoir nord puis tourner à droite dans l’avenue de Grassi qui mène à un petit enclos archéologique, actuellement mal protégé et mal entretenu, où sont visibles des vestiges de maisons romaines avec un mur en trompe-l’œil moderne.
15 — Retour sur le bd Jean Jaurès qu’on traverse pour voir, un peu plus bas, la tour médiévale appelée Tourreluque (évocation des fouilles de vestiges antiques au pied de la tour).
16 — Continuation sur le bd Jean Jaurès puis virage à gauche sur le cours Sextius, nom du proconsul romain fondateur de la ville. On arrive à un escalier à gauche qui descend dans l’allée des Thermes. Petit détour facultatif à droite dans cette allée pour voir d’autres restes du rempart médiéval.
17 — Revenir vers la cour des Thermes Sextius et franchir la grille. À droite, derrière une grande vitrine en forme d’arche, vestiges des bains romains alimentés par une source chaude. Leur présentation doit être améliorée. 
18 — Ressortir de cette cour et prendre à gauche un grand escalier qui conduit à la rue du Bon Pasteur à suivre tout droit jusqu’à son sommet. Elle reprend à peu près le tracé du decumanus maximus romain (principale voie est-ouest de la ville romaine). On arrive à la cathédrale Saint-Sauveur qui aurait été bâtie à l’emplacement d’un ancien temple d’Apollon, sur le côté nord du forum romain. Le parvis est bordé d’un mur médiéval construit avec des blocs de pierre romains. À sa base ont été retrouvées à un mètre de profondeur puis recouvertes les grandes dalles du cardo maximus, principale voie nord-sud de la ville romaine. La visite de l’ensemble de la cathédrale fait partie des circuits traditionnels. Pour l’Antiquité, il faut signaler le baptistère paléochrétien (remploi de colonnes antiques) remanié par la suite, quelques dalles du forum romain mal visibles à travers une grille sur le sol, un court tronçon d’un cardo secondaire devant l’entrée de la sacristie et le petit musée à droite du baptistère contenant en particulier le très beau sarcophage paléochrétien dit « de saint Mitre ».
19 — On ressort de la cathédrale et on descend à gauche la rue Gaston de Saporta pour arriver au n° 17 où se trouve le Musée du Vieil Aix. Ce musée possède une collection riche et variée d’histoire, d’art et d’ethnographie locale et notamment les trois urnes cinéraires découvertes dans le mausolée romain qui se dressait dans l’ancien palais comtal.
20 — Ressortir du musée et tourner à gauche dans l’étroite rue des Brémondis qui conduit à la rue de l’École. Tourner à gauche dans cette ruelle et, au n° 21, découvrir au ras du sol, enchâssée dans le mur, une authentique inscription romaine mentionnant un sevir augustal, prêtre-administrateur du culte des empereurs divinisés.  
21 — Continuer dans la rue de l’École puis tourner à gauche dans la rue du Plan qui vous ramène à la rue Gaston de Saporta. Tourner à droite pour atteindre la place de l’Hôtel de Ville dont la fontaine est ornée d’une grande colonne romaine.
22 — Juste après l’hôtel de ville, virage à droite dans la rue des Cordeliers ; dans son dernier tronçon, en bas à gauche, après la rue Lieutaud, vestiges du cloître des Cordeliers dans la boutique Casa. Revenir en arrière et tourner à droite dans la rue Lieutaud. Au bout de quelques mètres, sur la droite, dans le restaurant Le Riad, autres vestiges du cloître des Cordeliers. Continuation dans la rue Lieutaud jusqu’à la place des Tanneurs puis par la rue de la Couronne jusqu’à la place des Augustins vue au début du circuit et retour à l’Office de tourisme.

Il va de soi que ce circuit devra être complété par la visite du théâtre romain d’Aix au quartier de la Seds (voir rubrique 3.2) lorsque la municipalité aura enfin décidé de reprendre les fouilles effectuées en 2004, de le mettre en valeur et de le faire visiter !