3.3. POUR LA CRÉATION D’UN MUSÉE ARCHÉOLOGIQUE À AIX

(dernière mise à jour de cette page : 21 mars 2020)

La situation actuelle

Alors que de nombreuses villes du sud-est (pour ne parler que de cette région), grandes ou petites, ont fait récemment ou font encore de gros efforts, avec l’aide des départements, des Régions ou de l’État, pour rénover leurs musées archéologiques, les agrandir ou même en construire de nouveaux (c’est le cas par exemple de Lucciana (Haute-Corse), de Mougins (Alpes-Maritimes), Marseille, Arles, Nîmes (musée de la Romanité), Narbonne ou encore Alba (Ardèche), au contraire à Aix la municipalité a supprimé notre musée archéologique en 2002. 
Ce musée archéologique se trouvait dans l’enceinte du musée Granet, qui était en effet un musée polyvalent. La surface dévolue à l’archéologie y était certes très insuffisante (environ 350 m2 sans parler des réserves, alors qu’il en faudrait au moins 5 fois plus), mais c’était mieux que rien. Puis, malgré un agrandissement qui a triplé sa surface au début du 21e siècle, le musée Granet a vu sa vocation désormais réduite à la peinture et à la sculpture depuis le Moyen-Âge. Une seule exception a été consentie : il reste deux salles en sous-sol (environ 70 m2) pour l’archéologie celto-ligure d’Entremont. Tout le reste du fonds archéologique (Égypte, Grèce, Rome, gallo-romain) a été dispersé dans plusieurs réserves inaccessibles au public. 

Certes une belle exposition au musée Granet en 2014-2015 a montré au public les richesses du patrimoine romain aixois et une autre exposition en 2019 va montrer à son tour les ressources du musée en archéologie égyptienne (fonds provenant de donations). Mais quand ces expositions sont terminées, il n’y a plus rien à voir et les gens ont l’impression que le patrimoine antique aixois est quasi-inexistant ! 
Alors que notre ville possède une grande richesse archéologique, qu’il s’agisse des collections privées léguées au musée depuis le XIXe siècle ou des découvertes faites à Aix depuis le XVIIIe siècle et surtout depuis le début des années 1990 à l’occasion de nombreuses fouilles (nous ne pouvons évidemment pas énumérer ici ne serait-ce que les pièces les plus importantes : sculpture, mosaïques, épigraphie, peintures murales, céramique, verrerie, bijoux, monnaies, outils, etc…). Il est quand même désespérant que, par exemple, nos plus belles mosaïques, tout à fait dignes de celles d’Arles, soient invisibles parce qu’elles sont stockées à St-Romain-en-Gal dans le Rhône ! Et que dire du fait que le plus récent catalogue du fonds archéologique du musée Granet date de… 1882 ? Comment se résigner à une telle situation ?

Nos souhaits

Un emplacement possible pour un nouveau musée est l’ancien parc du monastère du Saint-Sacrement (la Seds), qui appartient en partie à la ville d’Aix et où ont été découverts en 2004 les vestiges très importants d’un théâtre romain, mais il faudrait d’abord fouiller ce terrain et sans doute procéder aussi à quelques expropriations (voir sur ce site la page 3.2).

En fait, il serait probablement souhaitable — mais il faut en parler bien évidemment avec les municipalités concernées — que le musée que nous demandons pour la ville d’Aix soit aussi celui du Pays d’Aix. En effet plusieurs autres communes de ce Pays ont elles aussi des richesses archéologiques qui dorment dans des réserves non visitables. Et il ne nous semble pas raisonnable de laisser ces richesses ainsi dispersées sans profit : en revanche leur concentration augmenterait leur attractivité.

On nous dit qu’un musée est toujours déficitaire et qu’en ces temps de difficultés économiques, c’est un luxe inabordable. Nous récusons cette objection par un argument et un exemple :
— l’argument : il ne faut pas regarder seulement la comptabilité d’un musée, il faut prendre en compte aussi toutes les retombées touristiques sur la ville et les emplois créés, directs ou indirects. Une exposition temporaire bien médiatisée attire la foule comme on l’a vu pour l’exposition Cézanne à Aix en 2006 ; à Arles, en 2010, l’exposition César, le Rhône pour mémoire a fait doubler les recettes du musée archéologique (qui ont atteint près de 1,5 million d’euros) et a entraîné une forte augmentation du chiffre d’affaires dans la ville (données fournies par Claude Sintès, directeur du Musée Départemental Arles Antique à ce moment-là).
— l’exemple : si, en termes de rentabilité, on s’en tenait au déficit permanent du festival d’art lyrique d’Aix, il faudrait l’arrêter tout de suite, puisqu’il exige chaque année pour survivre plusieurs millions d’euros de subventions publiques, dont la moitié payée par la ville d’Aix (ce qui fait, soit dit en passant, que les Aixois qui achètent un billet pour le festival le payent deux fois, la première par leurs impôts locaux…), sans parler des subventions privées, du mécénat, etc. Évidemment, il n’est pas question d’arrêter le festival d’Aix, mais il faut savoir qu’avec des millions d’euros, on peut aménager un beau musée archéologique ! En 2011, le festival d’Aix a attiré, paraît-il, 72 500 spectateurs (on aimerait en connaître le détail) ; en 2010, le musée d’Arles antique a reçu 323 137 visiteurs (vente des billets) ! Mais il y a des vérités qu’on ne veut pas entendre.

En attendant ce futur musée, deux actions sont à engager :
1- achever et améliorer la présentation des deux salles d’Entremont au musée Granet. La direction du musée a conscience que cette amélioration est nécessaire, mais la décision se fait attendre depuis… 2008. 
2- créer un musée archéologique provisoire de surface restreinte (quelques centaines de m2) où seraient présentées successivement, par roulement, les autres pièces les plus intéressantes du patrimoine aixois.