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est en cours de réalisation. Il y manque les
illustrations. Merci de votre compréhension.
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L’équipe de recherche de l’Association Archéologique Entremont
(uniquement composée de bénévoles amateurs) a commencé ses activités de
fouilles en 1976 et les a arrêtées en 1988, faute de temps disponible
pour celui qui la dirigeait, Jean-Louis Charrière, trop pris par ses
obligations professionnelles, et aussi à cause de la disparition de
celle qui était son "bras droit", Suzanne Decoppet. Pendant ces treize
années, l’association a eu la responsabilité de quatre chantiers de
fouilles dans les Bouches-du-Rhône :
1 - sur l’oppidum d’Entremont, commune d’Aix-en-Provence
2 - sur l’oppidum de l’Infernet, commune du Tholonet
3 - sur l’oppidum du Baou-Roux, commune de Bouc-Bel-Air
4 - dans un égout d’époque romaine, rue Adanson à Aix-en-Provence.
À vrai dire, les activités de recherche ont continué après 1988, mais
uniquement sous la forme de travaux de laboratoire (traitement et étude
des objets recueillis pendant les fouilles). Ce travail, fastidieux et
énorme, est indispensable pour l’élaboration des bilans. Il n’est
toujours pas complètement achevé… Mais il a été assez avancé pour que
J.-L. Charrière, désormais plus disponible, puisse
exposer ici de façon significative les résultats de ces quatre
chantiers. Cette présentation est destinée avant tout au public, on n’y
trouvera pas tout l’apparat technique exigé dans une publication
scientifique professionnelle.
|
5.2.
Sur l'oppidum de l'Infernet
(dernière mise à jour de cette page : 24/10/08)
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Bilan établi par Jean-Louis Charrière, responsable de la fouille
Comme cet oppidum n’avait jamais fait l’objet de fouilles,
ni officielles ni publiées, avant notre sondage et n’a
plus été fouillé depuis, nous avons jugé
utile de donner ici à son sujet quelques informations
générales avant de parler de notre sondage.
Sommaire
A. GÉNÉRALITÉS SUR CET OPPIDUM
1. Situation de l’oppidum
2. Découverte au XIXe siècle et dénomination
3. Bibliographie actuelle
4. Description générale du site
5. L’entrée sud
B. NOTRE SONDAGE
6. Conditions générales de notre intervention
7. Emplacement et dimensions
8. Stratigraphie
9. Les résultats : l’architecture
10. Les résultats : le mobilier non céramique
11. Les résultats : la céramique
C. AUTRES OBSERVATIONS
12. Une découverte mystérieuse hors du sondage
13. Conclusion sur l’occupation du site
1. Situation de l’oppidum
Cet oppidum se trouve sur la commune du Tholonet
(Bouches-du-Rhône), dans le Parc Naturel Départemental de
Roques Hautes (géré par l’Office National des
Forêts), sur la rive sud du petit lac retenu par le barrage Zola.
(carte)
Quartier de l’oppidum de l’Infernet, carte du relief
- en bleu, ruisseau de l’Infernet (alias la Cause) et lac du barrage Zola
- en rouge, chemin forestier moderne
1 : voie à ornières creusée dans le rocher
2 : entrée sud de l’oppidum
3 : emplacement du sondage effectué par l’Assoc. Archéol. Entremont en 1979-1980
4 : barrage Zola
Cet oppidum n’est pas très éloigné (3 km
à vol d’oiseau) de la vallée de l’Arc, qui
fut toujours une voie de circulation importante (via Aurelia des
Romains, autoroute A8 aujourd'hui), mais il est entouré à
peu de distance par des collines plus élevées qui le
dérobent complètement à la vue, sauf du
côté oriental où l’on voit les hauteurs de la
montagne Sainte-Victoire. Le relief de tout ce secteur est très
tourmenté.
Au pied de la colline coule le
ruisseau de l’Infernet, qui provient de la région de
Vauvenargues et se jette dans l’Arc à Palette. Sur
certains documents, ce ruisseau est appelé la Cause ou prend ce
nom seulement à partir du village du Tholonet. Nous ne savons
pas si ce ruisseau avait encore de l’eau en été
dans l’antiquité (l’alimentation actuelle est en
partie artificielle, liée au réseau du Canal de Provence). Il existe aussi une source pérenne
à 3 km à l’est (à 150 m au sud de la ferme
de Roques Hautes).
2. Découverte au XIXe siècle et dénomination
C’est peut-être à l’occasion de la
construction du barrage Zola (achevé en 1854) que
l’attention fut attirée sur ce site. En tout cas, la
première mention connue figure dans les Notes et croquis archéologiques
de Benoni Blanc, 1855-1856, vol. 3, p. 45, manuscrit conservé
à la Bibliothèque Méjanes à
Aix-en-Provence.
En 1898, P. Cheilan rédigea une Histoire du Tholonet,
manuscrit conservé au musée Arbaud à
Aix-en-Provence, où il donne quelques détails sur des
vestiges de voie et de rempart, « une grande et belle enceinte,
faite de blocs énormes émergeant du sol ». Il
ajoute qu’une tradition locale donne à ce « camp
» le nom de Ragabom ou Ratabom. Nous n’avons pas
trouvé trace de cette appellation aujourd’hui, et cette
fameuse enceinte n’est plus du tout visible.
Les mentions postérieures sont extrêmement succinctes et
lorsque nous avons entrepris notre sondage, aucune fouille officielle
n’y avait jamais eu lieu.
Le nom Ragabom
/ Ratabom nous paraissant trop hasardeux, la carte de l’IGN au
1/25000e ne donnant aucun nom à cette colline et les auteurs
cités ci-dessus appelant ce quartier Les Infernets, nous avons
décidé de baptiser cet oppidum du nom du ruisseau qui
coule à ses pieds, l’Infernet.
3. Bibliographie actuelle
Les résultats de notre sondage ont fait l’objet de
rapports à la DRAC, mais n’ont pas été
publiés avant cette présentation sur notre site Internet.
Le volume 13/4 de la Carte Archéologique de la Gaule,
consacré à Aix-en-Provence, au Pays d’Aix et au Val
de Durance, paru en 2006, fournit une notice d’une page et demie
sur l’oppidum de l’Infernet, en résumant fortement
nos rapports de fouilles (avec quelques inexactitudes) et en y ajoutant
quelques compléments et la bibliographie récente.
La bibliographie ancienne indiquée dans cette notice comporte
une petite erreur. En effet, il est écrit, page 685, que le site
est mentionné dans la Statistique du département des Bouches-du-Rhône,
du comte de Villeneuve (parue en 1824), page 419 (il faut
préciser : dans le volume 2). Voici le texte en question :
« Sur les rochers
situés au couchant de la rivière et
précisément derrière le château, mais
beaucoup plus haut que le mur romain, nous avons trouvé
plusieurs restes de fortes murailles ; ce sont apparemment les vestiges
d’une forteresse du moyen âge. » En
réalité, ces lignes ne désignent pas du tout
l’oppidum de l’Infernet situé sur la rive gauche,
donc au levant de la rivière, et à plusieurs centaines de
mètres de là. Les "murailles" aperçues par
Villeneuve sont les vestiges, toujours visibles sur la rive droite (et
d’ailleurs signalés dans la Carte Archéologique de la Gaule),
du canal de l’aqueduc romain qui passe effectivement
derrière le château du Tholonet, au moins dix
mètres plus haut que les vestiges du pont-aqueduc bien connu.
(photo 2566)
Le Tholonet, vestiges du canal de l'aqueduc romain au nord du château, rive droite; vue depuis le S-E. Photo JLC, 12/2007.
Cette différence de niveau montre que le pont-aqueduc
franchissant le ruisseau de la Cause (alias l'Infernet) était à l’origine bien plus
haut et bien plus grand que ce qu’il en reste aujourd’hui
au fond du vallon, où un œil non averti ne voit plus que
deux très gros pans de mur , qui ont souvent valu à
ces ruines le nom erroné de « barrage romain ».
(photo)
Vestiges du pont-aqueduc romain dans le fond du vallon.
4. Description générale du site
À 300 m au sud de l’oppidum apparaissent les restes
d’une voie à ornières (celle que signalent les
auteurs cités) franchissant une crête rocheuse, mais nous
ne savons pas de quand elle date véritablement.
(photo 582)
Le
Tholonet, voie à ornières d’époque
indéterminée creusé dans le rocher, à 300 m
au sud de l’oppidum de l’Infernet ; vue depuis le nord -
07.1980, photo JLC
Les ornières
sont distantes d’environ 1,55 ou 1,60 m. Cette voie permet, en
venant de l’oppidum, d’accéder au vallon de Doudon
d’où l’on peut rejoindre l’actuel village du
Tholonet en serpentant entre les autres arêtes rocheuses.
L’oppidum lui-même repose sur une colline allongée,
d’axe nord-ouest / sud-est, qui culmine à 291 m et
s’abaisse en forte pente vers le lit de l’Infernet au
nord-ouest.
(photo 47 rognée)
Le
Tholonet, oppidum de l’Infernet au premier plan, vu depuis
l’ouest (au fond, la mont. Ste-Victoire). 1.1979, photo JLC
Sur les autres côtés, le rocher est presque partout
très élevé et abrupt, ce qui procurait une
défense très forte rendant inutile la construction
d’un rempart, sauf à l’entrée située
du côté sud. Nous estimons la surface occupée par
le village à environ 2 hectares, mais
l’appréciation est difficile parce qu’il ne reste
que très peu de vestiges antiques en surface.
La roche est un conglomérat calcaire relativement friable
appelé « brèche du Tholonet » et
l’érosion a dû être importante depuis
l’antiquité. Il ne serait pas étonnant qu’on
retrouve au pied de la colline et au fond du lac de barrage, sous les
débris accumulés de l’érosion, de nombreux
vestiges antiques.
Sur l’ensemble de
l’oppidum, la situation est assez variable. Au sommet, le rocher
est quasiment à nu, parsemé de broussailles ; mais sur
les pentes les moins abruptes, et notamment vers le nord-ouest, il y a
encore une bonne épaisseur de terre et une petite pinède
prospère au dessus du barrage.
On remarque
çà et là quelques trous (abris de chasseurs, jeux
d’enfants en promenade ou petites fouilles clandestines ?) et de
rares alignements de blocs, indices d’un habitat que confirme la
présence de nombreux tessons de céramiques
variées, au milieu de beaucoup d’autres pierres en
désordre.
(photo 1041 rognée)
Le
Tholonet, oppidum de l’Infernet, vue aérienne du sommet
depuis l’est. On aperçoit à peu près au
centre le sondage de l’Assoc. Archéol. Entremont
après la fouille et, dans la moitié gauche de la photo,
trois alignements de blocs, possibles vestiges de constructions. -
09.1982, photo JLC
Il est possible
qu’un sentier d’accès ait existé sur un
étroit replat du flanc sud-ouest, en pente vers le ruisseau de
l’Infernet, à une époque ou ce passage était
moins abîmé par l’érosion.
5. L’entrée sud
Le seul accès carrossable possible est par le sud, sur une sorte
d’isthme large de quelque 20 mètres entre deux profonds
ravins.
(photo 475)
Le
Tholonet, oppidum de l’Infernet, entrée sud, vue depuis le
sud-est ; l’amas de pierres à gauche du chemin est le peu
qu’il reste d’une probable fortification - 7.1979, photo JLC
C’est
là que nous avons retrouvé, en grattant un peu le sol du
chemin, un alignement de blocs correspondant à la fortification
de l’entrée de l’oppidum.
(photo 584)
Le
Tholonet, oppidum de l’Infernet, vestiges d’un angle de mur
à l’entrée sud de l’oppidum (ce mur a
été détruit par la création de la piste
forestière) ; vue depuis le sud. 07.1980, photo JLC
Un gros tas de pierres borde ce passage, accumulé par les engins
qui ont tracé la piste forestière en détruisant
sans doute une bonne partie de cette fortification. Il semble
qu’il en reste encore deux ou trois assises en place sous ce tas
désordonné.
(photo 474)
Le
Tholonet, oppidum de l’Infernet, vestiges de mur en gros appareil
(bastion ?) à l’entrée sud de l’oppidum ; vue
depuis le nord-est - 7.1979, photo JLC
Nous n’étions pas autorisés à pratiquer une
fouille à cet endroit et nous ne pouvons faire état que
d’observations superficielles. Sous réserve de fouilles
indispensables, nous avons l’impression que la voie
d’accès était prise, sur une vingtaine de
mètres, entre le ravin occidental et une avancée du
rempart formant bastion à son extrémité sud. Puis
cette voie débouchait sur l’intérieur de
l’oppidum, tandis que le rempart, formant un coude obtus,
s’éloignait de la voie pour rejoindre le ravin oriental.
(plan figurant dans le rapport)
Le Tholonet, oppidum de l’Infernet, hypothèse de restitution de l’entrée sud. 1980, JLC
6. Conditions générales de notre intervention
L’Association Archéologique Entremont obtint, sous
le nom de Jean-Louis Charrière, deux autorisations de sondage
successives en 1979 et 1980, délivrées par la Direction
Régionale des Antiquités Historiques (Ministère de
la Culture). Les travaux sur le terrain commencèrent en juillet
1979 et s'achevèrent en octobre 1980, après une
interruption d’octobre 1979 à avril 1980, au rythme que
permettaient les moments de loisir de l’équipe de
bénévoles.
Les principaux
participants ont été J.-L. Charrière
(responsable), E. Bodin, M. Dalaudière, S. Decoppet, A.-M.
Lesaing, M.-L. Mesly-Rousset, J. Pillement et A. Vincis.
L’absence de local sur place nous a obligés à
transporter chaque jour presque tout notre matériel à dos
d’homme depuis Le Tholonet. L’accès en voiture par
la piste forestière, de toute façon difficile pour une
voiture ordinaire, nous était interdit par l’O.N.F.
Nous avons volontairement dispersé sur le site de nombreuses
capsules de bouteille dans l’espoir de décourager les
chercheurs clandestins équipés de détecteurs de
métaux. Mais nous avons des doutes sur l’efficacité
de ce procédé...
7. Emplacement et dimensions de notre sondage
En l’absence de tout carroyage général du site,
nous ne pouvons pas le localiser très précisément.
Disons qu’il se trouvait à une vingtaine de mètres
au nord du sommet de la colline. Nous avions scellé une grosse
pierre dans l’angle ouest du sondage, gravée d’un
repère topographique. Mais lors d’une visite quelques
années plus tard, nous avons constaté que cette pierre
avait été renversée et que le sol avait
été remué ici et là.
Notre sondage s’est étendu sur une surface totale de 50
m2, mais nous n’avons creusé jusqu’au substrat
rocheux que sur 27 m2, là où le sol et les murs antiques
avaient disparu. Ailleurs, nous nous sommes arrêtés en
arrivant sur la couche antique en place.
(plan général du carroyage du sondage)
À la fin de notre chantier, nous avons déposé sur
les niveaux archéologiques en place des témoins de notre
fouille, puis nous avons rapporté sur les sols antiques une
grande partie de la terre que nous avions enlevée en fouillant,
conformément à une demande de l’O.N.F. et pour
protéger la zone. Toutefois, nous avons laissé apparent
le sommet des murs antiques dégagés.
(photo 749)
Le Tholonet, oppidum de l’Infernet, sondage de l’AAE, remblayage terminé, vue d'ensemble depuis le nord-est - 04.1981, photo JLC
Depuis, la végétation a repoussé et des garnements ont endommagé ces murs…
8. Stratigraphie de notre sondage
(coupes strati.)
Sous la couche de surface moderne (de 0 à 25 cm
d’épaisseur), nous avons rencontré, uniquement dans
les espaces 2 et 3 (voir ci-après), un éboulis de pierres
provenant des murs antiques écroulés (hauteur : de 0
à 80 cm).
En dessous, nous avons
rencontré sur presque toute la surface du sondage une couche de
terre argileuse (de 5 à 15 cm d’épaisseur en
général) qui doit provenir du toit (en terrasse) et des
murs, à la base desquels elle était en effet plus
épaisse (jusqu’à 40 cm).
En
dessous se trouvait presque partout un remblai de nivellement, absent
là où le rocher affleure. Il constitue le sol
d’habitat.
9. Les résultats de notre sondage : l’architecture
Les vestiges architecturaux mis au jour sont modestes, à cause
des destructions humaines ou de l’érosion naturelle.
(plan des vestiges)
Nous avons dégagé quatre murs
qui délimitent partiellement trois espaces contigus. Ils sont
bâtis en pierres brutes de dimensions très variées
(jusqu’à 0,70 m), liées avec de la terre. Ces murs
reposent soit sur le rocher, soit sur un faible remblai corrigeant les
inégalités de ce rocher ; ils mesurent entre 0,50 et 0,60
m d’épaisseur ; la hauteur conservée atteint au
maximum 0,70 m au dessus du sol d’habitat. La première
assise présente par endroits des orthostates (blocs
dressés et non couchés). Nous n’avons pas
trouvé de porte : les ouvertures devaient se situer dans les
murs nord-ouest, hors de notre sondage.
(photos 618, 614, 611)
Le Tholonet, oppidum de l’Infernet, sondage de l’AAE, mur 2 et mur 3 vus depuis l’est. 10.1980, photo JLC
Le
Tholonet, oppidum de l’Infernet, sondage de l’AAE, mur 1 vu
depuis le nord-ouest ; substrat rocheux dans les carrés A4-A5-A6
et sol antique en D9 - 10.1980, photo JLC
Le Tholonet, oppidum
de l’Infernet, sondage de l’AAE, case 2, mur 4 en partie
écroulé (un orthostate renversé et éboulis)
- 9.1980, photo JLC
L’espace n°1,
au sud-ouest du sondage, était sans doute une pièce
d’habitat, délimitée au nord-est par un mur
conservé sur 3 m (mur 2), ce qui indique la dimension minimale
de cette pièce dans ce sens ; sur les autres côtés,
il s’achève de façon indéterminée par
la disparition de toute structure bâtie ou, au nord-ouest, hors
des limites du sondage. Il subsistait, dans la partie sud-est de cet
espace, un important lambeau du plus récent sol antique,
permettant de dire que cette pièce mesurait plus de 3,20 m dans
le sens sud-ouest / nord-est. Sur ce sol, dans l’angle est, nous
avons découvert un foyer sur plaque d’argile lisse, sur lequel subsistaient des cendres (que nous avons prélevées).
(photo 485)
Le
Tholonet, oppidum de l’Infernet, sondage de l’AAE, foyer
avec cendres blanches sur la plaque d’argile marron
(humidifiée pour la photo) ; vue depuis le nord-ouest - 8.1979,
photo JLC
À 2,70 m à
l’ouest de ce foyer, à un niveau inférieur mais
dans une couche perturbée et peut-être relativement
moderne, nous avons trouvé un autre amas de cendres, sans plaque
de foyer, au niveau d’un sol de circulation non daté.
(photo 580)Le
Tholonet, oppidum de l’Infernet, sondage de l’AAE,
carré C1, concentration de cendres et charbons ; vue depuis le
sud-est - 7.1980, photo JLC Au
sud-ouest et au sud-est de ces structures conservées, nous
n’avons rencontré que le rocher ; mais celui-ci est
creusé de nombreuses fissures et cavités naturelles qui
étaient comblées d’une terre contenant un peu de
« mobilier » dont il sera question plus loin.
L’espace n°2
est séparé du précédent par le mur 2 et il
est délimité au sud-est par le mur 1 (long de 3 m) et au
nord-est par le mur 3 (dégagé sur 2,8 m) ; les murs 2 et
3 sont parallèles et distants de 3 m. Au nord-ouest sa limite
est indéterminée (hors de notre sondage), mais on peut
dire que cette pièce mesurait plus de 3 m dans le sens sud-est /
nord-ouest. Cette pièce conservait aussi un grand lambeau de sol
antique contre le mur 1. Dans l’angle sud, nous avons mis au jour
un trou artificiel profond de 15 cm et large de 20 cm, qui contenait
quelques charbons, 2 tessons de dolium et un petit os.
(photo)
L’espace n°3
est séparé du précédent par le mur 3 ; au
sud-est, il est bordé par le mur 4 conservé sur 2,5 m
seulement. Les autres limites sont indéterminées (hors du
sondage ou murs disparus). Mais on constate que cette pièce
mesurait plus de 2,80 m dans le sens sud-est / nord-ouest. Ici aussi le
dernier sol antique était conservé sur une assez grande
surface, permettant de dire que cette pièce mesurait au moins
3,8 m dans le sens sud-ouest / nord-est.
Compte tenu de ces découvertes et du relief de la colline
à cet endroit, il est très vraisemblable que ces trois
pièces étaient desservies par une rue qui longeait leurs
façades nord-ouest . Ces structures sont datables des IIe
et Ier s. av. J-C.
(plan schématique)
10. Les résultats de notre sondage : le mobilier non céramique
Monnaies :
-
un hémichalque massaliète tardif (1er siècle av.
J.-C. ?) usé ; droit : tête d’Artémis ( ?)
à droite ; revers : taureau cornupète à droite ;
poids : 1,23 g.
(photos 708b, 709b)
-
un moyen bronze massaliète ; droit : tête féminine
ou masculine souriante à gauche ; revers : taureau
cornupète à droite, queue relevée, une patte avant
repliée ; poids : 3,3 g.
(photos 710b, 711b)
Autres objets en bronze :
-
un anneau à section aplatie, diamètre extérieur 42
mm ; présente un renflement à un endroit et des bavures
sur le bord interne ; poids : 6,1 g.
- un anneau à section ronde, diamètre extérieur 20 mm,; poids : 3,35 g.
- une spire (fragment de fibule peut-être).
- quelques fragments non identifiables.
(photo 712b)
Le
Tholonet, oppidum de l’Infernet, sondage de l’AAE,
carré B11, objet n° 64, anneau de bronze plat - 12.1980,
photo JLC
(photo 748b)
Le
Tholonet, oppidum de l’Infernet, sondage de l’AAE,
carré A6, objet n° 5, petit anneau de bronze à
section ronde - 01.1981, photo JLC
Autres objets métalliques :
- un ardillon de fibule avec encore deux spires, en fer
- un clou et un fragment de clou, en fer
- quelques débris ou scories de fer informes
- un morceau d’agrafe en plomb.
Autres objets :
- quelques fragments de meule en basalte
- deux galets pouvant avoir servi de pierre de fronde
- quelques fragments de torchis
- des débris d’os et quelques dents
- quelques charbons et cendres
11. Les résultats de notre sondage : la céramique
Nous n’avons retrouvé aucun objet entier ni même
partiellement reconstituable, mais seulement des tessons
éparpillés.
a) Fabrication locale, non tournée
(photos)
C’est de loin la plus abondante, à pâte
grossière et friable, de couleur variant du gris au brun.
Certains tessons portent des décors géométriques
simples incisés qui permettent de reconnaître de la
céramique datable de la fin de l’âge du bronze
(autour du VIIIe s. av. J.-C.). Le dolium, toujours en petits morceaux, est rare.
b) Importation
(photos)
- l’amphore est très rare
- un peu de céramique tournée à pâte claire, de couleurs diverses (marseillaise, pseudo-ionienne)
-
rares tessons de « phocéenne » grise, dont un tesson
à décor ondé (Ve – IVe s. av. J.-C.)
- très rares tessons d’attique tardive (IVe s. av. J.-C.)
- rares tessons de « campanienne » A (IIe s. av. J.-C.)
Il nous paraît utile, pour la datation, de signaler
l’absence totale de céramique arétine, de
céramique sigillée et de toute céramique
postérieure.
c) Tegula (tuile romaine plate, au plus tôt Ier s. av. J.-C.)
Les fragments sont trop peu nombreux pour envisager un toit ainsi couvert ; ces tuiles ont dû servir à autre chose.
12. Une découverte hors du sondage
Près
de l’entrée sud, à l’intérieur de
l’oppidum, nous avons trouvé, à moitié
enterré, un mystérieux fragment sculpté dans de la
pierre de Bibémus (colline toute proche à l’ouest).
Pour le décrire, nous dirons qu’il ressemble
approximativement à un petit torse avec deux moignons de cuisse,
mais il s’agit peut-être de tout autre chose. Il mesure 53
cm de long, 30 cm de large et 20 cm d’épaisseur. Sa datation est inconnue. On trouve d’autres morceaux de pierre de Bibémus à plusieurs endroits.
(photo 469)
Le
Tholonet, oppidum de l’Infernet, bloc de molasse taillé
non identifié, d’époque indéterminée,
ressemblant à un torse avec départ des jambes - 7.1979,
photo JLC
13. Conclusion sur l’occupation du site
Si on s’en tient aux résultats de notre sondage, le site
aurait commencé à être occupé au VIIIe s.
av. J.-C. Puis, après une lacune au VI e s., l’occupation
aurait recommencé aux Ve et IVe s., se serait interrompue de
nouveau au IIIe s., aurait encore recommencé au IIe s. et se
serait définitivement arrêtée au Ier s. av. J.-C.
ou peu après. Mais il est impossible
actuellement d’estimer l’étendue de ces occupations
successives et de véritables fouilles seront nécessaires
pour confirmer cette première impression.
Après notre sondage, des
prospections de surface ont été effectuées par des
archéologues professionnels sur l'ensemble de l'oppidum ; ils
ont recueilli de la céramique commune gallo-romaine, des
morceaux de dolium, d’amphores italiques, gauloises et de
fabrication locale du Haut Empire romain. Cette récolte ne
modifie pas sensiblement les résultats de notre sondage, sauf
pour la fin de l’occupation, apparemment un peu plus plus tardive
que ne le montrait notre sondage.
*